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Contexte et Objectifs

Le Réseau d’Aires Protégées Urbaines, dans le cadre de l’Année internationale de la biodiversité, organise un colloque international sur les rapports villes-nature à travers les enjeux et stratégies de gestion durable des aires protégées confrontées aux dynamiques urbaines, au Nord et au Sud.

Alors même que les villes dépendent de biens et services dispensés par leur environnement proche, leur consommation de ressources naturelles et leur pollution représentent un fardeau de plus en plus lourd pour l’environnement. De plus, les espaces naturels jouent un rôle essentiel pour la qualité des services environnementaux urbains et le bien-être des citadins, tandis qu’ils sont convoités dans un contexte d’urbanisation croissante, avec de fortes inégalités socio-environnementales.

Les projections estiment à 61 % la part de citadins dans le monde en 2030 avec une croissance démographique de 93 % dans les agglomérations des pays en développement. Ainsi, faute de politiques d’aménagement et de logement, la majorité des nouveaux citadins, composée surtout d’une population pauvre, viendra alimenter bidonvilles, espaces interstitiels et périphéries de plus en plus lointaines. Étant donné l’importance de la concentration et de l’expansion urbaines dans le monde, de plus en plus d’espaces naturels protégés se retrouvent ainsi confrontés aux dynamiques des villes. C’est pourquoi ce dernières jouent un rôle clé dans les efforts mondiaux visant à protéger et à gérer les écosystèmes vulnérables et la biodiversité.  Il s’agit de bâtir la ville avec la nature et non plus en opposition à elle.

L’objet d’une aire protégée est de conserver la biodiversité des milieux, généralement considérés comme « naturels », sur un territoire délimité et fixé par l’autorité publique. Leurs règlements limitent l’utilisation et l’occupation de l’espace. Dans les grandes agglomérations urbaines, ceci pose des problèmes d’aménagement, tant en termes d’usages et de modes d’occupation que de dynamiques d’interfaces, et soulève des questions en matière de territorialités, de représentations, d’usages, de risques et de conflits socio-environnementaux liés, notamment, aux situations d’inégalités sociales et d’injustice spatiale. Ces questions seront au centre du colloque, à l’articulation des politiques urbaines et environnementales. L’objet de ce colloque sera aussi de traiter de l’émergence d’une nouvelle gouvernance, voire d’un nouveau paradigme de gestion environnementale tourné vers une durabilité des espaces protégés qui soit intégrée à la durabilité urbaine.

Pour ce faire, une démarche comparative sera menée associant gestionnaires d’aires protégées, gestionnaires de la ville et chercheurs, proposant des regards croisés sur les expériences de villes du Nord et du Sud – y compris le cas francilien, lors de la dernière journée du colloque. L’enjeu est la rencontre et la discussion, à propos d’un thème encore trop ignoré des organismes internationaux et de la littérature scientifique, où la nécessité de la mise en réseau des expériences apparaît urgente. Le colloque analysera la diversité des enjeux et des problématiques, en s’enrichissant du constat de similitudes et de différences, parfois radicales.

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